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Formations » Le toucher sonore : quand la vibration devient une expérience du corps et de l’intime « 
Le toucher sonore par les bols chantants et les gongs, une expérience de vibration et d'écoute intérieure.
par Manuel Mahé Sonothérapeute

 » Le toucher sonore : quand la vibration devient une expérience du corps et de l’intime « 

 

Lorsque l’on parle de son, on pense naturellement à ce que l’on entend.

Une note.
Une voix.
Une musique.
Le son d’un bol chantant.
La profondeur d’un gong.

Mais le son ne s’arrête pas à l’écoute.

Il peut aussi devenir une sensation.

Une vibration que l’on perçoit dans le corps. Une résonance qui semble se déplacer. Une sensation parfois très subtile, parfois plus enveloppante, qui nous invite à porter notre attention autrement sur nous-mêmes.

C’est dans cet espace que je situe ce que j’appelle le toucher sonore.

Un toucher sans les mains.

Un toucher par la vibration.

 

Le son ne se contente pas d’entrer par les oreilles

Notre perception du son est d’abord auditive. Nous entendons une fréquence, une intensité, un timbre, des harmoniques.

Mais lorsque nous sommes exposés à une vibration sonore, notre expérience ne se limite pas nécessairement à l’oreille.

Nous pouvons ressentir des phénomènes de résonance, des vibrations, des changements de sensations corporelles, des émotions qui émergent, des images intérieures ou simplement une modification de notre attention.

Le son devient alors une information que notre corps et notre esprit vont chacun interpréter à leur manière.

Il ne s’agit pas de chercher absolument à provoquer quelque chose.

Au contraire.

Le toucher sonore commence souvent lorsque nous cessons de vouloir contrôler ce que nous devons ressentir.

Écouter devient alors une manière de sentir.

 

Le corps comme espace de perception

Notre corps n’est jamais totalement neutre.

Il porte notre histoire.

Il porte nos habitudes de mouvement, notre manière de respirer, notre tonicité, nos tensions, nos réflexes, notre façon de nous tenir dans le monde.

Il est aussi traversé par nos émotions, nos expériences et notre mémoire subjective.

Jour après jour, nous construisons une relation particulière avec notre propre corps.

Et pourtant, nous passons souvent une grande partie de notre vie sans réellement l’écouter.

Nous savons que nous avons un corps.

Mais savons-nous toujours ce qu’il nous raconte ?

Le toucher sonore peut devenir une invitation à revenir à cette écoute.

Non pas une écoute intellectuelle.

Une écoute sensorielle.

Une écoute de l’intérieur.

 

Se laisser traverser

Recevoir un son, c’est parfois accepter de ne pas savoir à l’avance ce que l’on va ressentir.

Une vibration peut être agréable.

Elle peut être surprenante.

Elle peut nous laisser indifférent.

Elle peut faire émerger une sensation inattendue.

Et parfois, elle peut simplement nous permettre de prendre conscience d’un endroit de notre corps que nous n’écoutions plus.

Se laisser traverser par le son demande alors une forme de disponibilité.

Il ne s’agit pas de chercher une expérience extraordinaire.

Il s’agit plutôt d’oser rester présent à ce qui est là.

Une sensation.

Une respiration.

Une émotion.

Une image.

Une tension.

Un relâchement.

Une mémoire.

Ou parfois… rien de particulier.

Et ce « rien » est également une expérience.

 

Le massage sonore aux bols chantants : un toucher précis et dialogué

Dans le massage sonore aux bols chantants, le son peut être utilisé dans une relation particulièrement proche avec le corps.

Le bol peut être posé sur certaines zones du corps, lorsque cela est approprié et accepté, ou être joué autour de la personne.

Le son produit devient alors à la fois audible et sensible.

La personne peut écouter le son tout en portant son attention vers les sensations qu’il accompagne.

C’est une approche qui peut donner une impression de précision, de proximité et de dialogue.

Le son n’impose pas nécessairement une direction.

Il propose.

Il invite.

Il entre dans une relation avec celui ou celle qui le reçoit.

Le sonothérapeute doit alors être attentif à ce qui se passe, mais aussi savoir ne pas intervenir.

Car le toucher sonore n’est pas uniquement l’art de produire un son.

C’est aussi l’art de savoir quand jouer, quand ralentir, quand changer, et quand laisser le silence répondre.

 

Le gong : un toucher sonore plus vaste

Avec le gong, la relation change.

Le son devient plus ample.

La richesse harmonique est importante, les fréquences se superposent, se transforment et évoluent dans le temps.

Le gong peut créer un véritable espace sonore autour de la personne.

On ne reçoit plus seulement une note.

On entre dans un paysage vibratoire.

Il peut y avoir des moments très doux, puis des passages plus denses, plus puissants, plus complexes.

Le son peut donner une impression d’immersion.

C’est en cela que le gong propose une autre forme de toucher sonore.

Un toucher moins précis, peut-être, mais plus global.

Un toucher qui peut donner le sentiment que l’on est enveloppé par le son plutôt que simplement exposé à celui-ci.

Et dans cette expérience, certaines personnes peuvent ressentir quelque chose qui dépasse la simple perception auditive : une émotion, une sensation corporelle, un mouvement intérieur, parfois une impression de profondeur ou de déploiement.

 

Toucher le corps, toucher l’émotion, toucher l’intime

Parler de toucher sonore ne signifie pas que le son « touche » nécessairement une blessure ou une mémoire précise.

Nous ne pouvons pas savoir à l’avance ce qu’une personne va ressentir.

Chaque individu possède son propre univers perceptif.

Pour certains, le son sera avant tout une expérience corporelle.

Pour d’autres, il sera profondément émotionnel.

Pour d’autres encore, il restera simplement agréable, relaxant ou contemplatif.

C’est précisément cette singularité qui m’intéresse.

Le son peut devenir un espace de rencontre avec soi.

Il peut nous permettre d’observer notre manière de recevoir.

Notre manière de nous abandonner.

Notre manière de résister.

Notre manière de contrôler.

Notre manière de ressentir.

Et parfois, il nous révèle simplement à quel point nous sommes habitués à être dans notre tête plutôt que dans notre corps.

 

Le sonothérapeute : l’art du toucher sonore

Le sonothérapeute ne devrait pas être simplement quelqu’un qui « joue des instruments ».

Il est aussi celui qui apprend à écouter.

Écouter le son.

Écouter l’espace.

Écouter la personne.

Écouter les silences.

Écouter les changements de respiration, les mouvements, les réactions, mais aussi respecter ce qui ne se manifeste pas.

L’instrument devient alors un prolongement de cette écoute.

Le bol.

Le gong.

Le carillon.

Le tambour.

Chaque instrument possède son langage, sa dynamique, sa richesse harmonique et sa manière particulière d’occuper l’espace.

Mais l’instrument ne fait pas tout.

 

Le toucher sonore naît de la relation entre l’instrument, le praticien, l’espace et la personne qui reçoit.

C’est cette relation qui donne naissance à une véritable expérience sonore.

 

Un dialogue avec notre manière d’être au monde

Lorsque nous nous exposons à une expérience sonore, nous pouvons parfois découvrir quelque chose de notre propre manière d’être.

Est-ce que je peux rester immobile ?

Est-ce que je peux écouter sans analyser ?

Est-ce que je peux ressentir sans chercher immédiatement à comprendre ?

Est-ce que je peux accueillir une sensation sans vouloir la modifier ?

Est-ce que je peux laisser une émotion être présente sans immédiatement lui donner un nom ?

Ces questions sont peut-être aussi importantes que le son lui-même.

Car le toucher sonore peut devenir une invitation à développer une relation différente avec nos sensations.

Une relation moins basée sur le contrôle.

Plus basée sur l’observation.

Sur la présence.

Sur la curiosité.

 

Oser ressentir

Nous vivons dans une société qui sollicite énormément notre attention.

Nous regardons.

Nous écoutons.

Nous analysons.

Nous répondons.

Nous anticipons.

Nous produisons.

Mais ressentir demande parfois autre chose.

Il faut ralentir.

Se rendre disponible.

Accepter de ne pas savoir.

Et surtout, accepter que notre expérience ne soit pas celle de quelqu’un d’autre.

Oser se laisser traverser par une sensation.

Par une vibration.

Par une émotion.

Par une information corporelle.

Par une mémoire qui apparaît peut-être, ou simplement par une sensation nouvelle.

Sans chercher à la forcer.

Sans chercher à l’interpréter immédiatement.

Simplement l’accueillir comme une information de notre expérience présente.

C’est peut-être là que commence véritablement le toucher sonore.

 

Lorsque le son cesse d’être seulement quelque chose que nous entendons et devient quelque chose que nous rencontrons.

 

Le toucher sonore : une invitation à revenir à soi

Le son ne possède pas nécessairement une réponse à nous donner.

Il peut simplement ouvrir un espace.

Un espace pour écouter.

Un espace pour ressentir.

Un espace pour observer.

Un espace pour se reconnecter à son corps et à ses perceptions.

Avec les bols chantants, le toucher sonore peut être précis, proche, subtil et dialogué.

Avec le gong, il peut devenir plus immersif, ample, mouvant et profondément enveloppant.

Deux approches différentes.

Deux langages.

 

Mais une même invitation :

revenir à l’expérience de l’instant, à travers le corps, la vibration et l’écoute.

Car peut-être que le véritable toucher sonore n’est pas seulement celui que l’on reçoit.

C’est aussi celui que l’on apprend progressivement à ressentir en soi.

Et finalement, à travers le son, nous ne cherchons pas toujours à aller quelque part.

Nous apprenons parfois simplement à être là.

À écouter.

À ressentir.

À habiter pleinement cet espace intime que nous appelons : notre corps.

 

 

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